fbpx

[Opinion] Côte d'Ivoire : le crépuscule de la liberté et de la vérité - Par Lebel N'Goran

Politique
Typographie

''La liberté est sujette à la vérité. Sans vérité, il n’y a pas de liberté(...). L’argent et le pouvoir ne construisent pas les nations'', voici résumé en quelques phrases clés cet article signé par Lebel N'Goran, membre de notre communauté facebook, et que nous avons sélectionné pour nos fidèles lecteurs et lectrices. Cet article traduit avec une certaine rigueur l'attitude générale affichée par le peuple de Côte d'Ivoire face à son histoire.

Silure. Les ivoiriens sont devenus à l’instar des silures, des Hommes glissants, sans convictions, incapables de trancher. Cette posture déforme l’histoire. Du 18 Octobre 1946 jusqu’en 2019 l’histoire de la Côte d’ivoire est fuyante. Des faux complots de 1959, 1963, des massacres des guébiés en 1970, du coup d’états de 1999, de la rébellion de 2002, des événements tragiques de 2004, de la bataille d’Abidjan de 2011…

Notre histoire commune est un vaste champ d’incertitudes et de faits imprécis. A peine enseignée, à peine consensuelle, et elle nous ôte toute lucidité et nous ramènera aux mêmes erreurs. La liberté est liée à la vérité. Quelle est la nôtre ?

Les bourreaux revêtent la toge des héros, les héros sont oubliés, notre vérité est devenue la vérité des parvenus.

Les hommes du savoir, les détenteurs de l’intelligence sont remplacés par les hommes aux avoirs et de l’incompétence. La mémoire collective est devenue un mensonge collectif qui confisque la vérité et donc la liberté . Peut-on être libre dans les lianes du mensonge ?

L’absence de débats, le vide sidéral des hommes de valeurs a laissé proliférer une oligarchie qui s’est affublée du manteau de la bienséance. Sous le silence complice d’une intelligentsia de plus en plus muette et/ou démissionnaire.

Si l’Afrique a sombré depuis 500 ans c’est parce qu’elle a refusé de réfléchir, de mettre en place un système de pensée pour se donner une vision et contrecarrer le projet de l’asservissement. La réflexion est le premier pas pour gagner la liberté. La liberté est sujette à la vérité. Sans vérité, il n’y a pas de liberté. Ceux qui pensent que se calfeutrer dans les relents du mensonge, que déformer l’histoire, ouvrira sur une aube nouvelle se trompent. Cette démarche insensée et irresponsable conduit inéluctablement au crépuscule de la vérité et de la liberté.

On ne construit pas une nation sans une vision claire, sans une union fédératrice. La vérité fédère. Notre incapacité à porter un jugement sain, est une grosse problématique. Notre incapacité à voir l’intérêt général, notre capacité extraordinaire à s’accommoder des vils mensonges simplement pour notre fascination pour l’idolâtrie, notre propension intégrer dans la politique les personnes inaptes à la réflexion ont déstructuré ce qui devait être la conscience collective. Il n’y a plus d’élites. Il n’y a qu’un corps politique qui se délite entraînant avec lui la ruine d’un pays !

Un peuple qui ne réfléchit pas à sa destinée s’éloigne de la vérité et de la liberté. L’argent et le pouvoir ne construisent pas les nations. Sans un consensus sur la vérité, ce pays cours à sa perte !

Une contre-histoire de la Côte d’Ivoire, est un acte de lucidité, de contrition. C’est une généalogie de la Côte d’Ivoire et surtout une réécriture de l’histoire de la Côte d’Ivoire, plutôt la contre-histoire de la Côte d’Ivoire au crépuscule de liberté et de la vérité.

Par : Lebel N’GORAN


AfroPolitis.com, votre média citoyen socialement connecté et politiquement engagé pour une Afrique unie, forte et prospère sélectionne régulièrement des contenus pertinents postés par les membres de notre communauté sur les réseaux sociaux pour en faire la promotion et mettre ainsi en lumière leurs contributions les plus pertinentes. C'est dans cette perspective que nous avons sélectionné et publié cet article de Lebel N'GORAN

BLOG COMMENTS POWERED BY DISQUS