fbpx

[Afrique] Le débat de 1800 sur l'esclavage vs le débat de 2019 sur le Franc CFA : comparaison.

Politique
Typographie

Le passé nous permet de mieux appréhender le présent et de mieux préparer le futur. La connaissance de l'histoire est une arme contre les défis contemporains. Elle nous permet d’éviter de commettre les mêmes erreurs.

1800 : "Doit-on abolir l'esclavage ?"

2019 : "Doit-on en finir avec le Franc CFA ?"

1800 : "À qui profite l'esclavage ?"

2019 : "À qui profite le Franc CFA ?"

1800 : "L'esclavage est-il un système rentable ?"

2019 : "Le Franc CFA est-il un système rentable ?"

1800 : "Que deviendront les maîtres d'esclaves et leurs esclaves ?"

2019 : "Que deviendront la France et l'Afrique sans le Franc CFA ?"

1800 : "Le contexte colonial exige l'emploi d'une main d'œuvre servile"

2019 : "La mondialisation exige l'utilisation d'une monnaie rattachée à une devise forte"

1800 : "Et si l'on commençait par affranchir quelques esclaves ?"

2019 : "Et si on accordait aux pays CFA, plus d’accès aux comptes d'opération ?"

1800 : "Et si l'on pratiquait l'esclavage en Afrique sous une forme expansionniste ou mieux, coloniale ?"

2019 : "Et si l'on fabriquait le Franc CFA dans les zones Ouest Africaines ou en Afrique centrale ?"

1800 : "Puisque la Grande Bretagne a abolie l'esclavage, alors elle est un allié de taille pour nous, elle va sûrement nous sauver"

2019 : "Puisque l'Italie en parle, alors elle est un allié de taille pour nous, elle va sûrement nous sauver. "

1800 : "il n'y a aucun doute, la prise de la bastille par le peuple insoumis de France et le regain des libertés et droits de l'homme s'appliquera définitivement en Afrique."

2019 : "Les gilets jaunes ne blaguent pas massa. Ils ont pensé à nous. Dans leur charte, ils réclament la fin de la françafrique, nous sommes sauvés."

Un fait très intrigant entre les deux contextes est qu'en 1800, les esclaves n'étaient pas admis sur les tables de négociation. Ils observaient de loin et n'avaient que leurs camps de regroupement pour organiser de petites révolutions. En 2019, les pays esclaves de la monnaie coloniale refusent d'ouvrir le débat. Malgré la résonance étrangère, ils ne disent rien. Le seul point positif des différents étirements occidentaux sur la question africaine est qu'ils rendent les Africains les plus réticents relativement consentants (même si la logique voudrait qu'ils soutiennent leurs frères lorsque les fronts anti CFA étaient lancés en 2017). Ces étirements offrent également une tribune pour enfin clouer les débats et passer aux résolutions. Mais cette initiative ne pourra être effective que si et seulement si, les Africains eux-même prennent les choses en main.

En 1800 comme en 2019, le débat a quitté la société civile pour s'inviter au chevet des scènes politiques étrangères. Le ras-le-bol exprimé par certains acteurs de la société civile africaine ne connaît plus une grande résonance. Le White a parlé, et beaucoup s'en réjouissent sans plus. Pourtant en 1800, l'occident battait aussi de l'aile. De pays en pays, les tensions devenaient de plus en plus grandes. Après plusieurs guerres telles que la guerre de Crimée (1853-1856) et la guerre franco-allemande ou franco-prussienne (1870-1871), les grandes puissances ont pu au moins s'entendre sur une nouvelle forme d'esclavage à travers le partage de l'Afrique par laquelle chacun recevra son morceau. C'était en 1884.

Nous avons le choix entre laisser les européens décider de notre sort, ou alors prendre véritablement le taureau par les cornes. Une chose est certaine, de la même manière que beaucoup n'ont pas cru à l'abolition de l'esclavage, aujourd'hui pareillement, beaucoup ne croient pas à une sortie du Franc CFA.

La seule question qui devrait attirer notre attention n'est sûrement pas s'il faut sortir du Franc CFA, mais la manière ou le procédé par (la)le quel(le) la sortie du Franc CFA devra se dérouler.

Par Dolly Afoumba , ( la fille du colonisé)

[Vidéo] À VOIR : "Comment la France vampirise l'Afrique : le Franc CFA ?"

Source de l'article :

BLOG COMMENTS POWERED BY DISQUS