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[Afrique] Côte d'Ivoire, Guinée, Mali... : Quand la politique africaine de Macron démontre que la CEDEAO, l'Union Africaine et les chefs d’états africains sont des instruments à la solde de Paris.

Politique
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Dans les prises de positions sur l'élection du 31 octobre 2020 en Côte d'Ivoire, au niveau international, on se rend compte que les organisations africaines ont toutes pris fait et cause pour Alassane Ouattara ! En effet, la CEDEAO, l'Union Africaine et plusieurs présidents Africains ont même adressé leurs félicitations à Alassane Ouattara au lendemain de la confirmation des résultats par le Conseil Constitutionnel.

Mais les occidentaux s'opposent implicitement à ce passage en force de Ouattara au cours de cette élections et boudent sa pseudo-victoire de 94 %. Cela fait 5 jours maintenant que la France ne l'a pas encore félicité depuis la confirmation de sa pseudo-victoire par le Conseil Constitutionnel en début de semaine !

Bien au contraire, la France met la pression sur Ouattara pour ouvrir un dialogue inclusif avec tous les acteurs politiques significatifs du pays, y compris ceux qu'il maintient en exil. C'est l'Ambassadeur de France qui est à la manoeuvre pour que Ouattara partage le pouvoir avec l'opposition afin de refléter les réalités sociologiques des différentes formations politiques sur le terrain. (L'Ambassadeur de France, il faut le rappeler a été remplacé manu militari un mois avant l'élection. Ceci expliquerait-il cela. Je dirai oui).

On se rappelle que c'est le même schéma qui s'est produit au Mali après le coup d'Etat militaire qui a renversé IBK. Pendant que la CEDEAO menaçait la junte militaire de sanctions et d'asphyxie économique, le Président Français Emmanuel Macron a dit qu'il fallait laisser la volonté du peuple malien s'exprimer. Il avait joint l'acte à la parole en ne prenant pas de sanctions contre les militaires au pouvoir mais en demandant plutôt un retour rapide à l'ordre constitutionnel.

Ces deux faits montrent clairement que la politique africaine de Macron est de laisser les peuples eux-mêmes accepter ou rejeter leur Président. Et si le peuple réussit à faire tomber le dirigeant, il soutient le gouvernement d'exception mis en place et l'exhorte à organiser rapidement les élections pour revenir à l'ordre constitutionnel.

Si, par contre, le peuple n'y arrive pas mais démontre par des mouvements de masse soutenus et permanent, à même de menacer la stabilité politique du pays, que ceux qui ne veulent pas du Président sont majoritaires, il met la pression pour proposer un partage du pouvoir qui reflète les réalités sociologiques des partis politiques.

Le cas de la Guinée est édifiant à ce sujet parce que IBK force aussi pour faire un troisième mandat mais comme IBK possède encore la majorité sociologique, Macron ne lui a pas imposé un partage du pouvoir. Mais en Côte d'Ivoire où Ouattara s'entête aussi pour faire un troisième mandat, Macron lui impose un partage du pouvoir parce que, au vu du taux de participation et de la réussite de la désobéissance civile lancée par l'opposition, on se rend compte que la majorité sociologique se trouve du côté de l'opposition !

Hélas, une fois encore, les Africains, à savoir la CEDEAO, l'Union Africaine et les Chefs d'Etat Africains, ont lamentablement failli dans leur approche de la situation de crise dans ces trois pays et ce sont encore les occidentaux, notamment la France de Macron, qui posent des actions en faveur de la démocratie sur le continent, même si ces actions ne sont pas encore à la hauteur de ce que les populations africaines attendent.

Par Jean-Louis Gayandet

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