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[Education] Ces symboles de la terreur qui subsistent dans les écoles africaines - par Kôrêdjo-Missa DOUMBIA

Culture
Typographie

Au début des années 60's, quand j'étais à l'école primaire dans mon village au fin fonds de la brousse au Mali, des idéologues ont dit à nos enseignants que les langues africaines sont des langues qui rendent bête, et qu'il faut ramener les enfants africains dans la langue française qui civilise.

Nyanfêin djougou ani Nyanfêin nyouman, A bêè ladjèlén ka hakêto ! (Hotep aux Bons & aux Mauvais Esprits de ce vieux Bois Sacré peuplé d'entités, inanimées et animées, invisibles et visibles.)… !

Nombreux sont ceux qui s'étonnent de la qualité de mes textes en français... Certains s'amusent même à dire que je maîtrise le français plus que le plus gros Coq gaulois, ManuWell Mac'Roni... Eh bien, je vous remercie de vos «compliments», mais sachez que ce n'est nullement un talent, ni une fierté pour moi. Cette grande maîtrise de la langue coloniale est le fruit d’un viol culturel, d'un traumatisme psychologique sévère, que j'ai vécu dans l'enfance.

Au début des années 60's, quand j'étais à l'école primaire dans mon village au fin fonds de la brousse au Mali, des idéologues ont dit à nos enseignants que les langues africaines sont des langues qui rendent bête, et qu'il faut ramener les enfants africains dans la langue française qui civilise.

Ainsi on a appris à mépriser nos langue maternelles africaines et à privilégier le Français, en classe et dans la rue. En vérité, l’école nous interdisait carrément de parler nos langues africaines. Le Directeur de mon école était un Missionnaire Blanc que tout le monde appelait craintivement « Mon Père ». On avait si peur de lui qu’on ne pouvait le regarder d’en face. On avait plus peur de lui que de nos propres parents. On avait plus peur de lui que de Dieu lui-même… Ce Vieux Blancs barbu, «Mon Père....», était l’incarnation même de la terreur chez nous les petits nègres fraîchement « décolonisés » !

Chaque fois qu’un enfant était surpris entrain de parler une langue africaine dans la cour de l’école, on lui collait un pendentif appelé SYMBOLE. Ce pendentif était fait d’un vilain Crâne de singe ou d’un Crâne d'âne ou d’une grossière Corne de bœufs. Le fautif (alors appelé SYMBOLIER) devait le porter autour du cou jusqu’à la descente des classes, à moins qu’il trouve un autre malheureux qui a commis le sacrilège de parler une langue africaine à l’école du Blanc.

Le dernier à porter le Symbole, à la descente des classes, devait être publiquement hué et ridiculisé au milieu de la foule pour avoir parlé sa langue maternelle africaine. On se mettait en cercle, le pauvre Symbolier se mettait au milieu de la foule et on chantait :

  • ... [ « Symbolier, âne. Symbolier n’est pas gentil !» ;
  • « Symbolier, âne. Symbolier n’est pas intelligent !» ;
  • « Symbolier, âne. Symbolier n’est pas civilisé !» ] ...

Or, à notre époque, la proportion d’enfants ayant le Français comme langue maternelle était de 0%. Donc, c’était une vraie torture mentale, une terreur sociale, pour nous de parler nos langues à la maison et le français sans faute à l’école. L'Orthographe et la Grammaire française étaient le casse-tête de tous ! Nous étions très sévèrement fouettés ou bastonnés à chaque faute.

Je n’ai donc pas appris le Français autour des PLAY-STATIONS. J’ai vu un Téléviseur pour la première fois de ma vie quand j’étais déjà à l’Université à Moscou... et un Ordinateur de bureau pour la première fois de ma vie quand j’étais en troisième cycle en France...

Avec le recul du temps, je me dis que je suis un rescapé partiel d’un génocide culturel. Nous avons été gravement formatés. Nous subissons une situation désastreuse dans l'inconscience totale. Car la langue est le véhicule de la culture d’un peuple. Malgré ma très grande maîtrise du français, il m’est impossible de traduire certaines expressions Bamanan en Français au risque de perdre leurs sens.

Que dire d'un peuple qui interdit à ses enfants de parler sa langue ?

Comment le déclic est venu chez moi ? - C'est seulement en côtoyant les asiatiques, les russes et les arabes, au cours de mes études supérieures, en ex-URSS (actuelle Russie), que je me suis rendu compte de l'aliénation qui nous a fait mépriser notre Tradition, notre Langue et notre Peuple. Les Dealers religieux africains et leurs amis les Pipoliticiens ignares qui ne sont pas passé par là continuent à mépriser la Culture & les Langues africaines et à se moquer des peuples africains. Ils sont simplement ignorants et victimes de ce processus d'abrutissement. On ne peut pas aimer ce qu'on ne connait pas.

Aujourd’hui encore en Mars 2020, il est interdit aux députés maliens de parler les langues nationales du Mali au sein de la « Représentation » nationale (faussement appelée Assemblée Nationale). Heureusement qu’il n’y a plus de Symboles à crâne de singe à mettre au cou de nos Pov'dépités !

Aujourd’hui encore en Mars 2020, il est une vraie fierté pour les maliens « nègres-évolués » que leurs enfants parlent le Français en roulant les « R » comme le ferait le petit Parisien Blanc.

Mon mur Facebook se voulant le lieu de rendez-vous de l'intelligentsia africaine, en d'autres termes des citoyen(ne)s kamites qui osent les remises en question essentielles, il est vital d'échanger sur ces questions-là afin de permettre à notre jeunesse de démêler le Vrai du Faux, le Bien du Mal, etc….

Je vous encourage à parler vos langues africaines à vos enfants. Il n'y a pas de mal à parler d'autres langues, c'est même un atout. Mais ne rejetons jamais nos langues, notre tradition, notre culture.

L’Universalisme est un gros mensonge. Toute civilisation/tradition se distingue des autres, se détermine par son temps, son aire géographique, sa langue et sa race spécifique. Leur vérité n’est pas forcément ma vérité, car la culture n’est que le fondement substantiel d’une tradition/civilisation et la langue est le véhicule de cette tradition/civilisation. Le retour aux sources (langues, spiritualité, noms) est impératif et incontournable pour l’Afrique, si elle veut retrouver le chemin lumineux de la dignité et de la prospérité…

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En nos Ancêtres, nous avons confiance. Réveilles-toi Afrique - Redeviens ce que tu es. Nous sommes des parcelles du Divin !!!

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Sira-Missa DoumbiaKôrêdjo-Missa DOUMBIA - Traditionaliste-Moderne de Haut degré et fier AMONISTE.

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« Il n’y a pas de Vérité supérieure à celle dite dans le MAAYA BLON.

- Honneur, Fidélité et Gloire à nos Ancêtres, nos seuls Guides, notre seul Secours.

- Rigueur et Fermeté contre nos Adversaires et nos Ennemis, en les livrant aux forces de la déchéance & de la mort...»


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